En consultation, aborder le thème du sida et de son dépistage peut s’avérer délicat, notamment lorsque s’ajoute des spécificités culturelles : l’échange peut en effet soulever des tabous, mais aussi faire émerger des craintes, notamment chez ceux qui, arrivés récemment, sont confrontés à une importante vulnérabilité sociale, médicale et économique. Mettre en place une relation d’aide au cours d’un dépistage, c’est appréhender les circonstances, les motivations, les opportunités (réseaux familiaux, associations de soutien) et les difficultés (analphabétisme, situation administrative) liés à la migration, c’est aussi aborder la sécurité des droits sociaux et le respect de la confidentialité. La diversité du parcours des personnes migrantes et leur vulnérabilité impliquent ainsi une prise en charge pluridisciplinaire, face à laquelle les professionnels de santé, mais aussi les professionnels du champs social et administratif peuvent se sentir démunis.
Par ailleurs, face à la recrudescence de certaines infections sexuellement transmissibles (IST) et au dépistage encore trop tardif des infections à VIH, le dépistage doit faire l’objet d’une mobilisation particulière, et ce pour une prise en charge précoce (médicale, psychologique et sociale). La sensibilisation des professionnels de santé est à ce titre importante.